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L’oubliée du Bitcoin : notre chère planète

Préambule

Dans un premier temps, la mesure de la consommation d’énergie d’un tel système est très complexe. Beaucoup de facteurs influencent la mesure, ces facteurs ne sont pas toujours mesurables ou localisables (quel serveur est utilisé ?). A ce jour, en 2021, les calculs de cet article sont très discutables. Cependant, il reste pertinent d’évoquer le sujet pour se rendre compte qu’une telle chose consomme de l’énergie.

Bitcoin

Depuis quelques années, le Bitcoin, la fameuse cryptomonnaie, s’ouvre au monde : les médias en parlent et les particuliers s’y intéressent. Sur le principe des blockchains, cette monnaie mondiale est utilisée par plus d’un million de personnes dans le monde et équivaut à des milliards de dollars. Apparentée comme une révolution, cette technologie appliquée au domaine bancaire se dit sécurisée, sans délai, sans frais, protégeant votre identité et fonctionnant partout (d’après bitcoin.org).

Le Bitcoin n’est pas la seule crypto-monnaie dans le monde mais la plus utilisée, LiteCoin, Ethereum et Ripple font partie des alternatives au Bitcoin avec quelques différences. Le cours des crypto-monnaies est instable avec une variation d’environ 10 % sur 7 jours et de plus de 100 % sur 3 mois.

Comment créer des Bitcoins ?

Cette crypto-monnaie fonctionne sur le principe de la Blockchain : toutes les transactions effectuées sont enregistrées, par tous les utilisateurs de ce concept, dans la chaîne de blocs (l’équivalent à un registre exhaustif). Ainsi, cette dernière est une chaîne de blocs successifs détenant les transactions enregistrées avec l’identité de celui qui a transféré les Bitcoins, la quantité et pour qui. Ensuite, les nouvelles transactions sont ajoutées au registre : de nouveaux blocs sont ajoutés à la fin de la chaîne. Toutes les 10 minutes, un nouveau bloc est créé pour enregistrer ces nouvelles transactions. Cette création est rémunérée à hauteur de 6,5 Bitcoins qui se divisent entre les différents créateurs du nouveau bloc. Et voilà 6,5 nouveaux Bitcoins !

Pour cela, il faut du temps processeur pour effectuer des hashs cryptographiques sur ce qu’on appelle un entête de bloc. Le mineur teste de multiples combinaisons pour résoudre le problème posé.

Le minage de Bitcoin est la résolution d’un problème complexe dont la réponse est facile à vérifier.

Tout cela ne se fait pas tout seul, il faut beaucoup de puissance de calcul et donc (beaucoup) d’énergie. Le minage consomme de l’énergie électrique à travers les processeurs ou des cartes graphiques ainsi que leur refroidissement. À titre d’exemple, un processeur Intel Core i7-8700K consomme environ 150 Watts hors refroidissement. Imaginez la consommation des fermes à Bitcoins où plus de 5 000 processeurs ou cartes graphiques fonctionnent sans cesse, alors la consommation de votre téléviseur en veille c’est de la R.I.G.O.L.A.D.E. !

La consommation électrique, le fléau des crypto-monnaies

D’après l’index de Digiconomist, la consommation électrique annuelle pour le réseau Bitcoin est estimée entre 58 et 73 TWh en 2020, soit un équivalent entre 0,23 et 0,35 % (1) de la consommation annuelle mondiale d’électricité pour 0,003 % (2) de la population mondiale, vous voyez le problème ?

Comparaison entre la consommation d’un pays et la consommation totale du bitcoin

La comparaison avec des pays est impressionnante : le Bitcoin consomme plus que 175 pays (non cumulés) dont l’Irlande, la Bulgarie et le Qatar.

Consommation totale d’électricité par pays

Cette technologie de monnaie avec moins de 20 millions d’utilisateurs consomme autant qu’un pays de 300 millions d’habitants, le Nigéria. Pour ces 20 millions d’utilisateurs, il s’agit d’une part infime de leur consommation d’électricité et d’énergie directe (sur votre facture d’électricité) ou indirecte (conséquence de vos achats). Un utilisateur de Bitcoin n’est pas forcément le consommateur direct d’électricité, il ne va pas recevoir une facture d’électricité.

Un problème de fond

Pour moi, le problème est souvent là : l’utilisateur n’a pas conscience de sa propre consommation de ressources (électricité, matière première, humain, etc.) puisqu’elle est inclue dans un prix global et, par ignorance ou par déni, le consommateur ne connait l’impact de ces achats. C’est le même problème lors de l’achat de produits ultra-sophistiqués comme une voiture : nous allons regarder sa consommation pour 100 km pour choisir notre voiture. En effet, cette facture énergétique touche directement notre porte-feuille. Elle est contrôlée (dépend de l’utilisation de la voiture), mesurée (indication sur le tableau de bord) et facturable (paiement direct à la pompe à essence). Nous devrions regarder la consommation d’essence, mais aussi, la consommation de ressources et d’énergies avant son achat (construction, transport du véhicule, publicité et vente). Ce sujet très complexe, un article sur cette thématique est prévu avec des chiffres et des analyses.

La blockchain est peut-être une ou la solution à la centralisation du système monétaire actuel, cependant, il n’y a pas eu de prise en compte de la planète dans l’élaboration de cette solution. Pour moi, si une solution engendre plus d’effets négatifs pour la planète que le problème qu’elle est censée résoudre, alors ce n’est pas une solution possible. Et vous, vous en pensez quoi tout ça ?

Détails des calculs :

  • (1) 23 000 Wh consommés en 2018 au monde, 73 / 23000 x 100 = 0.32 % et 20 / 7300x 100 = 0.27 %
  • (2) 20 millions d’utilisateurs (estimation) sur 7,3 milliards d’humain

Article publié sur mon compte LinkedIn le 11 janvier 2018 (l’article a subi des modifications)