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Dégafamiser sa vie

Dans un premier temps, j’avoue le terme « dégafamiser » vient du slogan « Dégooglisons internet » de Framasoft. Depuis deux ans, je souhaite « reprendre mes données en main », entendez par là, « ne pas les livrer à des acteurs privés » (typiquement les GAFAM). Depuis 2018, j’ai entrepris un changement d’utilisation des outils numériques du quotidien : Facebook, Google Search, Android, Windows, Instagram, WhatsApp, Google Chrome, Google Calendar, Google Gmail etc. Vous voyez le topo ? Les GAFAM étaient très présents dans ma vie.

Quand tu te rends compte de ta dépendance aux GAFAM après des années d’ignorance

Cet article est écrit sous la forme d’étapes sans avoir la prétention d’être un tutoriel, de l’habitude la plus facile à changer à la plus difficile à mon avis. L’idée est de se défaire du monopôle des très grosses entreprises type GAFAM et de reprendre en main, quand c’est possible, ses données personnelles. Vous aurez très probablement toujours des données personnelles sur internet. Pour autant, diminuer l’exposition de vos données vous permet d’être moins influencé sur vos choix, par exemple, sur YouTube et d’aller à l’essentiel. En parallèle, vous pouvez changer votre manière d’utiliser les outils numériques indépendamment de l’outil lui-même. Je ferai un article à ce propos.

La dégafamisation ne s’est pas faite en un jour !

Commençons par le plus facile : la navigation sur internet (navigateur + moteur de recherche). Le changement doit être radical, sinon vous ne ferez jamais le pas ! Désinstallez Google Chrome puis installez Mozilla Firefox (ou Brave). Mettez-vous à l’aise, organisez vos favoris (par dossier, sous-dossier etc), ajoutez des extensions (Dark Reader, Privacy badger et Ghostery pour moi), utilisez un coffre-fort de mots de passe (Mozilla Lockwise par exemple) et configurez votre navigateur. Tout cela prend seulement 1 h 30. Soyez curieux pour configurer votre navigateur, vous pouvez même avoir plusieurs configurations (profil), choisissez-les en allant sur l’URL : about:profiles. Choisissez un moteur de recherche sur Firefox, j’ai choisi DuckDuckGo (métamoteur de recherches), il en existe plein d’autres (Ecosia, QWant etc.). En désactivant les cookies et en activant la suppression de l’historique, vous allez (re)découvrir certains sites.

La première étape (la plus facile) étant réussie, passons à la suivante. Je suppose que vous avez l’habitude d’utiliser Windows à la maison ou au travail. Il y a malheureusement peu d’entreprises proposant un Linux comme poste de travail, la coutume est plutôt MacOs ou Windows. Pour moi, le développement ou le DevOps est largement mieux sur un Linux voire sur un MacOs. Alors faites le premier pas en installant une distribution en Dual boot sur votre PC, comme ça, vous gardez un Windows sous le coude. J’ai choisi Debian mais je recommande plutôt Ubuntu pour une utilisation bureautique (Debian est moins adapté à la bureautique). Le téléchargement de Linux, la mise sur clé USB pour démarrer dessus, l’installation de votre distribution préférée vous prendra 1 h 30 avec les mises à jour en ayant un bon débit internet. Vous trouverez un tutoriel comme installer Debian 10 sur un PC Windows 10 en dual boot ici et comment rendre votre clé USB bootable ici. Ensuite, prenez l’habitude d’utiliser Linux au quotidien, cela fera l’affaire. En entreprise, il est plus compliqué de changer pour des raisons de sécurité (mais pas que), discutez-en avec les administrateurs réseaux et votre responsable. Configurez votre navigateur Firefox de la même manière que sur Windows (vous pouvez utiliser Firefox Sync pour synchroniser vos marque-pages (et plus encore) sur vos différents appareils).

Vous avez maintenant un Linux avec Firefox installé, la troisième étape se passe sur votre smartphone Android. Si vous avez un iPhone, cela devrait être semblable. Vous allez limiter les données récupérées par Google sans pour autant être sûr, mais autant essayer.

Dans un premier temps, désactivez les différentes permissions inutiles de toutes vos applications : pas d’inquiétude, l’application vous redemandera cette permission en temps voulu. Pour cela, allez dans Paramètres –> Applications –> cliquez sur la route crantée en haut à gauche –> Autoris. des applis : vous avez maintenant la liste des différentes autorisations Android. En cliquant sur une des autorisations, vous pourrez désactiver cette autorisation pour certaines applications. Par exemple, refusez que Outlook puisse utiliser votre microphone.

Toujours sur Android, vous allez désactiver certaines applications installées « par défaut » (pour ne pas dire « par obligation »). Pour cela, allez dans Paramètres –> Applications, sélectionnez l’application que vous voulez désinstaller puis cliquez sur Désinstaller. La plupart des applications de Google ne peuvent pas être désinstallées mais désactivées, alors cliquez sur Désactiver au lieu de Désinstaller. L’application va se réactiver automatiquement lorsque vous allez l’ouvrir. Vous pouvez désactiver les applications suivantes : Google Duo, Google Cloud Print, Google Play Films et séries, Google Play Musique, Google Hangouts, Thèmes, Appli Google, Chrome, Drive etc. Depuis que j’ai désactivé YouTube, j’ai régulièrement le message d’erreur « YouTube a cessé de fonctionner » lorsque je navigue sur n’importe quelle autre application, étrange n’est-ce pas ?

Passons à Google Drive, je vous conseille fortement de vous diriger vers une solution Cloud 100 % européen, laisser ses données transiter par les États-Unis, c’est exposer aux lois américaines sur les données personnelles (et ce n’est pas bon pour vous). Vous pouvez opter pour PCloud ou Nextcloud qui sont des sociétés basées en Europe. Vous pouvez utiliser Google TakeOut pour télécharger toutes vos photos sur le Cloud de Google afin de les sauvegarder sur votre nouveau compte Cloud.

Il vous reste encore du chemin pour s’émanciper des GAFAM, il faut pour cela un changement en profondeur de vos habitudes. Encore une fois, c’est un changement difficile mais qui en vaut la chandelle. Les conséquences se verront au fur et à mesure, les GAFAM ne se sont pas toujours les plus qualitatifs ou les moins chers.

Je vous conseille fortement de cette page de Framasoft, vous y trouverez toutes les alternatives libres aux applications que vous utilisez quotidiennement.

6 steps to deploy your Symfony site using Oracle 11g on Microsoft IIS

At work, I am deploying a web app on IIS, nothing new until now. But, weeks ago, I chose the framework Symfony to help me on translations, ORM, routing, templating etc. Deploy your pure PHP web site on IIS is easy, with a web site made with Symfony is definitifely not commun. Most of tutoriels on Internet (like StackOverFlow) are about Symfony 2 and answers are (too) short (and/or too specified). So, I decide to write this article explaining how to deploy your Symfony web site on the Microsoft IIS with an Oracle dababase (based on my experience).

This tutoriel has been written to help you in your deployment, take what you want but do not follow it like a « StackOverFlow copy/paste developer ».

Let’s start with version:

  • Microsoft IIS 2019
  • Symfony 4
  • Oracle 11g
  • PHP CLI 7.4.7
Step 1 : Composer & PHP

Install Composer via this link: https://getcomposer.org/download/ and, to check the installation, run composer with the command line (cmd) on your server (where IIS is).
Install PHP CGI (I think it works with PHP 8, try it and go back with PHP 7 if it doesn’t work) and then run php --version. This command line should work.

Step 2 : Import your web site

Copy your web site in a empty repository except vendor and var folders and env.local file. To finish, create a new Web site through IIS with the physical path to the public repository in your web site sources (recently copied).

Step 3: Install your dependencies with Composer

If your company uses a firewall to be connected on internet, you should first connect to your company’s firewall on your server (to have internet access). Execute the following command where your composer.json is: composer install --no-dev --optimize-autoloader.

Step 4: Global configuration

First, create a new file in the root folder called env.prod for the production configuration. In this file, add and modify this line ccording to yout database configuration DATABASE_URL=oci8://login:password@databaseUrl:port/databaseName (for example oci8://admin:1234@127.0.0.1:3000/DEV). Then, add APP_ENV=prod and APP_DEBUG=0. Compile the file by using composer dump-env prod, now, you have a env.prod.php file.

Your boss waiting the app deployment
Step 4: Route your web site

Firstly, install the IIS component called Rewrite URL (download it from here and launch the .exe). Check if this module is correctly installed by finding it on the Feature View. Then create a file called web.config in the public repository and insert the code available below. Now, all routes are managed by Symfony!

Step 5: Configure your PHP

Download the DLL for Oracle 11g here (choose DLL of the last version and, according to your PHP version, choose « Non Thread Safe »). Extract the content and move php_oci8_11g.dll into the folder ext of your PHP CLI (do not rename this file). Enable, at least, extensions (uncomment by deleting the semicolon) that you need and add the line extension=oci8_11g. Of course, adapt those steps if you have a different version of Oracle.

Step 6: Oracle 11g

Before this step, you should only have a database error in your web site logs. In the env.local file, add and modify this line according to your database configuration DATABASE_URL=oci8://login:password@databaseUrl:port/databaseName (for example oci8://admin:1234@127.0.0.1:3000/DEV). You know, Oracle is particular for Symfony, you must add some lines in config/services.yaml and create 2 classes in App\EventListener (see below).

Troubleshooting
  • If composer install --no-dev --optimize-autoloader doesn’t work, delete composer.lock and try again. If the problem persists, copy the vendor folder from your development environment into the root folder of your web site (not recommended in production environment).
  • If you want to debug routes of IIS, add a logging rule for 500 error (or another one) by clicking on Failed Request Tracing Rules in your IIS manager. Find the location by double clicking the module (Failed Request Tracing Rules) on Feature View and then click on View Trace Log (It was C:\inetpub\logs\FailedReqLogFiles for me). Other IIS’ logs are in C:\inetpub\logs\LogFiles.
  • More logs with Symfony and PHP: symfony logs are located in var/log/prod.log. If you are using the package monolog-bundle, add SHELL_VERBOSITY=3 in .env file to activate full log. For php logs, turn on full logs by changing display_errors=On and display_startup_errors=On in your php.ini. Those manipulations should be reverted after resolving your bug!!!
Tips/Info
  • OCI means Oracle Call Interface, it is the interface (coded in native C) between your code and your Oracle Database
  • Define a global route (@Route("/",name="default")) redirecting to a login page
  • Do not store password in your CVS, use the file .env.local and untrack it.
  • Do not forget to use an user with the strict necessary access on your database. For example, you can create your tables by coping the PL/SQL result from this command: php bin/console doctrine:schema:create --dump-sql to delete the CREATE and ALTER access to your database user.
  • Avoid enable useless PHP extensions in your php.ini

6 mois de recherches dans l’inconnu

Après mon stage aux Pays-Bas, je me suis lancé un défi : trouver un job de dév’ de 6 mois dans un pays hispanophone puis la même chose dans un pays lusophone. J’avais trouvé un stage de 4,5 mois aux Pays-Bas assez facilement et dans une bonne entreprise : un CDD de 6 mois devrait être aussi facile à trouver ! Dans ma tête, je me fixe cet objectif pour mon année de césure. L’idée est d’apprendre l’espagnol et le portugais via deux expériences professionnelles en informatique de 6 mois, j’avais adoré mon expérience aux Pays-Bas, j’ai souhaité reproduire cela en plus grand.

Ainsi, me voilà parti à chercher un contrat de 6 mois en Espagne, Mexique, Colombie, Chili et Argentine dès février 2018 pour début juillet 2018. Mon planning est très serré : juillet-décembre 2018 dans un pays hispanophone et février-juillet 2019 dans un pays lusophone (Brésil ou Portugal). Par où commencer dans tout ça ? Je naviguais dans l’inconnu, je ne connaissais pas du tout l’Amérique Latine.

J’ai commencé par rechercher sur LinkedIn, j’avais commencé lentement, beaucoup trop lentement. En avril, je n’avais aucune réponse positive à ce jour. Donc j’ai activé mes réseaux :

  • Post en français sur LinkedIn avec mon CV
  • Post en anglais sur LinkedIn avec mon CV
  • Invitations de personnes chargées de recrutement dans mon réseau
  • Candidatures spontanées à différentes entreprises trouvées via le carnet d’adresses de mon école
  • Contacts directement aux recruteurs par message sur LinkedIn

En plus de ça, j’ai opté pour une technique plutôt longue :

  • Recherche d’entreprise sur LinkedIn
  • Recherche d’une adresse e-mail de cette entreprise, typiquement hr@company.com ou rrhh@company.com
  • Envoi d’une candidature spontanée à l’adresse e-mail

Cette technique ne fonctionne pas, du moins, elle n’est pas rentable. Vous pouvez passer 40 minutes (comptant l’écriture d’un e-mail personnalisé) pour envoyer un e-mail dont personne ne va le recevoir ou même le lire. LinkedIn est peu efficace mais vous pouvez avoir des résultats. J’ai contacté un employé de Globant (une ESN argentine) directement par message, il a transmis mon CV. Par la suite, j’ai eu 3 entretiens : appel téléphonique, entretien RH et entretien technique. Malgré tout, 2 mois après, j’ai reçu une réponse négative pour la raison suivante :

For the time being we will not be advancing with the process because the positions for which we were considering your profile will be covered already in the following months. On the other hand, our positions are full time and for an indefinite time or at least for a year.

Moi après la réponse négative de Globant

J’avais beaucoup d’espoir pour cette entreprise, l’opportunité était parfaite : développement C++ sur des projets internationaux pour Electronics Arts, par exemple. D’ailleurs, j’ai appris plus tard qu’il est très difficile d’entrer dans cette entreprise si vous n’avez pas de contact à l’intérieur (comme pour Accenture). Ne vous faites jamais d’illusion lors de vos recherches sinon vous allez être déçu ou vous allez ralentir vos recherches pour rien. Restez motivé lors de vos recherches d’emploi mais pensez que la réponse peut-être négative.

Et c’est REPARTI ! Je me suis remis à rechercher activement un CDD à l’étranger. Après 850 postulations sur LinkedIn et 300 e-mails envoyés, j’ai reçu un message sur LinkedIn d’une recruteuse à Buenos Aires. J’ai d’abord cru à un fake, mais, au cas où, j’ai répondu aux messages. Après plusieurs entretiens et un développement Android (disponible ici), j’ai pu intégrer une ESN à Buenos Aires pour 8 mois. donc répondez toujours aux messages des recruteurs, même si leurs messages vous paraissent étranges. Cela ne vous coûte rien et il y a peut-être une belle opportunité par la suite. D’abord, commencez par miser sur la quantité avec 25 % de qualité, puis, arrivé au moment où vous connaissez mieux le marché, misez sur la qualité sur 75 % de vos e-mails ou des réponses aux offres.

Vous n’êtes pas toujours en position de force lors de vos recherches à l’étranger ou en France. Mais n’acceptez pas n’importe quelle proposition, vous finirez toujours par trouver. Si cela peut vous rassurer, vous pouvez avoir un plan B sur une opportunité mieux bien mais qui vous permettra de travailler et/ou de partir à l’étranger.

Quand tu reçois une réponse positive

Lors de cette expérience, j’ai pu avoir une meilleure compréhension du marché du travail. En Argentine (et en Amérique Latine de manière générale), les recherches d’emploi se font à très court terme pour un profil débutant (Junior). Le mieux est de se fixer une date de départ en prenant son billet puis de postuler activement à des offres 1 mois avant cette date. Vous pouvez faire jouer vos contacts un peu plus tôt (2 mois avant). Si vous n’avez rien trouvé à votre départ, vous pourrez trouver un travail dans un bar ou autre le temps de trouver une belle opportunité. Pour votre recherche, ne vous focalisez pas sur une plateforme comme LinkedIn. C’est une plateforme chère pour les entreprises, complétez votre recherche sur d’autres sites d’emploi comme zonajob.com.ar, bumeran.com, computrabajo.com etc.

Les différents conseils que je vous ai donnés sont valides pour vos recherches en France également. Et n’oubliez pas, la recherche d’un travail est un vrai travail.

Le jour où j’ai voulu contribuer à Mozilla

Il y a déjà quelques mois, avec mon côté libriste, j’ai eu envie de contribuer à un projet open-source. A priori, je ne partais déjà pas de la bonne manière, mais je vais m’en rendre compte plus tard, vous allez voir.

Commençons par les bases, pourquoi contribuer à un projet libre ? C’est venu du fait que dans mon alternance, je ne m’éclatais pas techniquement. Je travaille sur des technologies de manière simple que j’ai déjà vues, donc 0 challenge. L’idée est d’avoir un apport de connaissances grâce à un projet très technique et aux revues de code assurées par la communauté du projet. Je n’avais pas d’idée de projet à créer de zéro, ça prend beaucoup beaucoup de temps et les résultats ne sont pas là en conséquence. Alors je décide de contribuer à un projet libre (comprenez open-source) avec une communauté présente et avec un intérêt pour moi afin de me motiver.

J’utilise tous les jours Firefox, alors pourquoi pas le projet Mozilla ? Le projet est immense. Je décide de me lancer dans la contribution à Firefox avec mes petits moyens, bien-sûr. J’avais conscience que le projet est long à s’approprier puisqu’il y a énormément d’outils à utiliser pour contribuer et il est important de bien comprendre les différentes étapes de contribution. Cependant, en choisissant ce projet, j’ai plus de chances d’être guidé dans la contribution que dans un petit projet : important pour débuter. De plus, le choix des technos est large : C++, Java, Python, JavaScript, Rust etc.

Direction Firefox ! La première partie est surtout composée de lectures et d’installations. Je m’impressionne moi-même, j’ai vraiment envie d’y arriver, malgré toute la doc technique en anglais à lire. Je vais de lien en lien puis je commence à installer l’environnement de travail : quelques commandes Linux, Mercurial (hg pour les intimes) et le téléchargement du code source de Firefox. Quelques inscriptions à différents sites sont nécessaires comme pour Bugzilla ou Riot (chat des contributeurs), chose anodine mais je découvre OTP à ce moment-là. La mise en place d’environnement prend toujours du temps, avec ce projet, j’ai découvert plusieurs outils et manières de faire. Parfait ! C’est ce que je recherche. 😉

Le projet Mozilla gravite autour de plusieurs outils : Bugzilla, Codetribute, Mercurial, Phabricator, Riot, SearchFox, etc qui font partis, pour la plupart, du projet lui-même. Grâce à ça, j’ai pu apprendre de nouveaux outils en cliquant de lien en lien dans la documentation du projet, je conseille fortement cette technique : prenez votre temps pour lire de la doc. Cette partie d’apprentissage m’a remotivé pour contribuer !

C’est parti pour Mozilla Firefox !

Pour l’installation de l’environnement, je rencontre quelques problèmes avec ma Debian, mais rien de bloquant : une recherche sur Internet et hop ! Résolu ! Jusqu’à maintenant, les instructions pour contribuer sont claires, enfin de la bonne doc !!! (contrairement au code de Symfony 😉 ). Choisir un gros projet et vous aurez de la bonne documentation pour commencer à contribuer, en théorie, hein !

L’environnement est prêt, passons aux choses sérieuses ! Je commence par le fameux ./mach build pour compiler, après quelques problèmes de configurations et 1 h 30 de compilation, Firefox s’ouvre 🤩🤩🤩. C’est la dernière étape avant la contribution. Ah bah non en faite 🤦. Comment je vais modifier le code C++ ? avec Vim ? Certainement pas ! Firefox suggère d’utiliser Eclipse CDT compilé spécialement pour le projet Mozilla. Alors on recommence une compilation, plus courte cette fois-ci. Quelques configurations sont nécessaires avant la compilation, mais c’est plus lié à Eclipse lui-même qu’à Firefox. Cette période était difficile, je ne voyais pas le bout. J’avais déjà passé plusieurs après-midi jusque-là. Cette partie était bien documentée (certes moins que l’installation et la compilation de Firefox) mais il est difficile de prendre du temps pour cela, pour finalement passer 4 heures pour juste ouvrir un IDE.

L’installation n’en finissait pas, la motivation en prenait un coup.

Je peux enfin consulter le code source sur mon ordi ! La phase finale est la plus intéressante : la contribution. Pour une bonne prise en main, le tutoriel suggère comme première contribution un bug étiqueté : « Good First Bug« . J’ai choisi de partir doucement avec un bug de style, un else à supprimer, rien de bien méchant. Une fois la modification faite, il ne reste plus qu’à envoyer un patch à Phabricator pour une validation afin de le fusionner avec le reste du code. Cette étape est délicate, je n’avais pas envie de faire de la merde et pour ne embêter pas les autres contributeurs plus qu’autre chose. Pour déposer un patch sur Phabricator, il faut assigner un relecteur. Le concept est super quand tu connais bien le projet. Pour ma part, j’ai choisi le (supposé) responsable du module modifié comme conseillé. La fin approche !

Le relecteur suggère de rajouter un espace comme le style l’indique. Donc maintenant, je vais devoir modifier mon patch sans en créer un autre, opération délicate. 😬 Finalement, rien de plus facile avec Mercurial et Phabricator (phab pour les intimes), il suffit de bien lire la documentation fournie (comme d’habitude, vous allez me dire).

Voilà ma première contribution à Firefox réussie !!!

Le chemin était long et éprouvant, je suis content, j’ai réussi ! Je me suis rendu compte que je n’avais pas assez de temps ou d’intérêt pour contribuer à Firefox (si vous avez l’intérêt, le temps s’y prêtera). Je conclus que je suis mal parti depuis le début : les modifications de Firefox ne m’affecte pas. Outre l’intérêt de monter en compétences, je n’en ai pas. Dans un même temps, je ne crois pas à l’idée que les contributions ne font qu’avec un intérêt économique direct ou indirect. Alors, je ne m’arrête pas là. D’un autre côté, c’est seulement ma première contribution à un projet, les effets d’une contribution se font ressentir sur le long terme. Donc je tire une conclusion plutôt rapide mais si vous n’avez plus motivation ou de temps dès le début de votre projet, il sera difficile de continuer, vous l’avez bien compris.

Je continue l’aventure mais sur le projet ThunderBird. Pourquoi avoir changer de projet ? Pour plusieurs raisons :

  • Peu de bugs en C++ sur Codetribute sont abordables à mon niveau (il y a pas mal de bugs très anciens >6 ans) pour Firefox
  • ThunderBird est plus petit donc plus facile pour aborder des bugs
  • C’est un logiciel que j’apprécie et je souhaite qu’il grandisse
  • En manque de motivation, le changement peut être bénéfique

Finalement, après quelques heures pour contribuer à Thunderbird (mise en place de l’environnement, compilation et documentation), je décide de mettre en pause pour un certain temps puisque je manque de temps et de motivations. J’ai des projets plus importants comme ce blog et je n’ai pas d’intérêt, autre que l’apprentissage technique, dans ce projet. C’est finalement le plus gros frein que j’ai rencontré jusqu’ici pour contribuer dans l’open-source. Contribuer à un projet sera plus facile si vous avez un intérêt dans le projet, vous pouvez avoir besoin du projet pour vos projets perso/pro, vous êtes payé à faire ça, vous corrigez des bugs, vous amusez avec la communauté ou vous êtes un libriste à 100 % qui a du temps…

Je sors grandi de cette expérience, j’ai pu avoir un premier pas (très léger) dans l’open-source. Je vous livre quelques conseils personnels suite à ma petite expérience.

Quelques conseils pour se lancer dans la contribution :

  • Choisir un projet qui vous plaît, voire dont vous avez besoin
  • Trouver un tuteur si ce système est en place pour les nouveaux contributeurs
  • Lire, lire et lire de la documentation sur les outils à utiliser
  • Prendre son temps pour mettre en place l’environnement de travail (qui doit être nickel !)
  • Évaluer la charge de travail nécessaire au projet, avez-vous le temps de contribuer ?
  • S’approprier, un peu, les outils du projet avant de contribuer

Les Pays-Bas, ce pays où…

Après plus de 4 mois dans le pays des tulipes et des moulins en 2017, je souhaitais vous faire partager mon vécu en vous donnant quelques différences entre la culture hollandaise et française. Mon expérience se concentre sur mon stage au sein de Lely Industries N.V. à Maassluis (près de Rotterdam) puis reste limitée à ce que j’ai pu voir, visiter et échanger avec mes collègues et mes colocataires depuis juillet 2017.

Un pays à deux heures de la France

Il s’agit d’un pays différent : la langue, les paysages, la population etc. sont différents, mais en même temps, les Pays-Bas sont proches de notre culture en étant à 2 heures de Lille. Leur vie ressemble à la nôtre, mais quelques différences, parfois marrantes, sont à noter. Ci-dessous, je cite quelques différences ou étonnements rencontrés durant mon stage en Hollande.

Ce pays où,

  • L’été est notre automne,
  • Sandwichs et soupes composent leurs repas du midi,
  • Le pain est du pain de mie (Scandaleux !),
  • 18 heures est l’heure de manger,
  • Chaque route à sa piste cyclable (et le vélo est roi !),
  • Une grande importance est donnée à leurs voitures (contrairement à leurs vélos),
  • Centre-ville et campagne riment avec canaux (super joli, notamment Delft),
  • Leurs maisons et leurs rues sont faites de briques rouges.
Moulins de Kinderdijk

Et au niveau professionnel ?

En 4 mois et demi de stage, j’ai apprécié travailler à leur coté. Ils ont la particularité d’être toujours l’heure et d’être ouvert. L’organisation de leur emploi du temps est un peu différente, 30 minutes suffisent pour manger ainsi les jours sont plus courts au bureau (journée de 8 heures continues). Dans l’entreprise où j’étais, ils avaient beaucoup de vacances, au moins 40 jours par an, le bonheur n’est-ce pas ? Étant efficaces au travail, ils pouvaient se permettre de prendre des vacances.

Il y avait une sorte de cantine à l’entreprise, elle proposait : soupes, lait, sandwichs élaborés, entrées chaudes, fruits, pâtisseries etc. ça m’avait choqué qu’une entreprise propose, au sein de sa cantine, des sandwichs, pour nous, c’est le repas sur le pouce et pas cher. Pour les néerlandais, c’est tout à fait normal, ils le savent que ce n’est pas très bon pour la santé. Certes, ce n’était pas non plus des sandwichs jambon/beurre, c’était ce que j’appelle des sandwichs « avancés ».

Parlons de leur niveau en anglais, il est plus élevé que le niveau des français pour une raison particulière : la pratique de la langue. Ils ont peut-être un meilleur enseignement de la langue dans leurs écoles mais ils ont beaucoup d’opportunités de la pratiquer que nous. Les films et les séries ne sont pas doublés comme France, tout est en version originale sous-titrée en néerlandais à l’exception des programmes jeunesses. Le néerlandais est une langue parlée par 23 millions d’individus contre 230 millions pour le français, ainsi, le nombre de ressources disponibles (papiers ou numériques) est moindre. Apprendre l’anglais est une nécessite pour la plupart des Néerlandais.

Un jour, je rentrais chez moi et, dans l’ascenseur, un vieil homme m’a parlé en anglais. J’étais impressionné qu’une personne de cette âge là n’a pas eu peur de parler anglais à un inconnu et il avait un accent correct. Ces personnes-là existent en France aussi je suppose, mais elles ne font pas parties de ma bulle sociale.

Avez-vous eu des expériences aux Pays-Bas ? Racontez-nous !

Ceci est inspiré d’un article sur mon profil LinkedIn publié le 20 octobre 2017.

L’oubliée du Bitcoin : notre chère planète

Depuis quelques années, le Bitcoin, la fameuse cryptomonnaie, s’ouvre au monde : les médias en parlent et les particuliers s’y intéressent. Sur le principe des blockchains, cette monnaie mondiale est utilisée par plus d’un million de personnes dans le monde et équivaut à des milliards de dollars. Apparentée comme une révolution, cette technologie appliquée au domaine bancaire se dit sécurisée, sans délai, sans frais, protégeant votre identité et fonctionnant partout (d’après bitcoin.org).

Le Bitcoin n’est pas la seule crypto-monnaie dans le monde mais la plus utilisée, LiteCoin, Ethereum et Ripple font partie des alternatives au Bitcoin avec quelques différences.

Comment créer des Bitcoins ?

Cette crypto-monnaie fonctionne sur le principe de la Blockchain : toutes les transactions effectuées sont enregistrées, par tous les utilisateurs de ce concept, dans la chaîne de blocs (l’équivalent à un registre exhaustif). Ainsi, cette dernière est une chaîne de blocs successifs détenant les transactions enregistrées avec l’identité de celui qui a transféré les Bitcoins, la quantité et pour qui. Ensuite, les nouvelles transactions sont ajoutées au registre : de nouveaux blocs sont ajoutés à la fin de la chaîne. Toutes les 10 minutes, un nouveau bloc est créé pour enregistrer ces nouvelles transactions. Cette création est rémunérée à hauteur de 6,5 Bitcoins qui se divisent entre les différents créateurs du nouveau bloc.
Et voilà 6,5 nouveaux Bitcoins !

Pour cela, il faut du temps processeur pour effectuer des hashs cryptographiques sur ce qu’on appelle un entête de bloc. Le mineur teste de multiples combinaisons pour résoudre le problème posé.

Le minage de Bitcoin est la résolution d’un problème complexe dont la réponse est facile à vérifier.

Tout cela ne se fait pas tout seul, il faut beaucoup de puissance de calcul et donc (beaucoup) d’énergie. Le minage consomme de l’énergie électrique à travers les processeurs ou des cartes graphiques ainsi que leur refroidissement A titre d’exemple, un processeur Intel Core i7-8700K consomme environ 150 Watts hors refroidissement. Imaginez la consommation des fermes à Bitcoins où plus de 5 000 processeurs ou cartes graphiques fonctionnent sans cesse, alors la consommation de votre téléviseur en veille c’est de la R.I.G.O.L.A.D.E. !

La consommation électrique, le fléau des crypto-monnaies

D’après l’index de Digiconomist, la consommation électrique annuelle pour le réseau Bitcoin est estimée entre 58 et 73 TWh en 2020, soit un équivalent entre 0,23 et 0,35 % (1) de la consommation annuelle mondiale d’électricité pour 0,003 % (2) de la population mondiale , vous voyez le problème ?

Pays qui consomme plus ou moins d'électricité que le minage de Bitcoins en 2018

La comparaison avec des pays est impressionnante : le Bitcoin consomme plus que 175 pays (non cumulés) dont l’Irlande, la Bulgarie et le Qatar.

Cette technologie de monnaie avec moins de 20 millions d’utilisateurs consomme autant qu’un pays de 300 millions d’habitants, le Nigéria. Pour ces 20 millions d’utilisateurs, il s’agit d’une part infime de leur consommation d’électricité et d’énergie directe (sur votre facture d’électricité) ou indirecte (conséquence de vos achats). Un utilisateur de Bitcoin n’est pas forcément le consommateur direct d’électricité, il ne va pas recevoir une facture d’électricité.

Pour moi, le problème est souvent là : l’utilisateur n’a pas conscience de sa propre consommation de ressources (électricité, matière première, humain etc.) puisqu’elle est inclue dans un prix global et, par ignorance ou par déni, le consommateur ne connait l’impact de ces achats. C’est le même problème lors de l’achat de produits ultra-sophistiqués comme une voiture, nous allons regarder sa consommation pour 100 km pour choisir notre voiture. En effet, cette facture énergétique touche directement notre porte-feuille, elle est contrôlée (dépend de l’utilisation de la voiture), mesurée (indication sur le tableau de bord) et facturable (paiement direct à la pompe à essence). Nous devrions regarder la consommation d’essence, mais aussi, la consommation de ressources et d’énergies avant son achat (construction, transport du véhicule, publicité et vente). Ce sujet très complexe, un article sur cette thématique est prévu avec des chiffres et des analyses.

Le Bitcoin est peut-être une ou la solution à la centralisation du système monétaire actuel, cependant, il n’y a pas eu de prise en compte de la planète dans l’élaboration de cette solution. Pour moi, si une solution engendre plus d’effets négatifs pour la planète que le problème qu’elle est censée résoudre, alors ce n’est pas une solution possible. Et vous, vous en pensez quoi tout ça ?

Détails des calculs :

  • (1) 23 000 Wh consommés en 2018 au monde, 73/23000*100 = 0.32 % et 20/7300*100 = 0.27 %
  • (2) 20 millions d’utilisateurs (estimation) sur 7,3 milliards d’humain

Article publié sur mon compte LinkedIn le 11 janvier 2018 (l’article a subi des modifications)